Tendances artistiques
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Les productions de Vallauris exploitent deux grands thèmes à travers un traitement libre et anticonformiste, véritable renouveau kitsch alimenté par une sensibilité toute méditerranéenne : les sujets animaliers et les décors géométriques.
Parmi les animaux les plus représentés figurent les espèces les plus emblématiques de la région Côte d’Azur : poissons, crustacées, étoiles de mer et coquillages. On trouve également des papillons, des lézards, des coccinelles ou des cigales… mais le bestiaire ne tarde pas à s’élargir aux écureuils, caniches, corbeaux, et même aux personnages de Disney (Bambi, par exemple). Comme la production se délocalise également en Bretagne et vers Grenoble, d’autres sujets comme des mouflons par exemple peuvent aussi être rencontrés.
On trouve encore des sujets floraux (légumes et fruits du soleil) ou des petits personnages, tous issus de stéréotypes du moment (vacanciers, campeurs, danseurs et danseuses noires, etc.) et souvent traités dans le registre humoristique.Les créations sont des lampes-veilleuses, des vases, des plats, des bibelots, et autres objets décoratifs que les touristes pourront transporter aisément dans leurs bagages en qualité de souvenirs, phénomène qui contribuera à porter la renommée de Vallauris à un niveau international.
Ces œuvres ne sont pas toujours signées, ou parfois d’un simple tampon, et l’atelier est rarement mentionné. Beaucoup d’entre elles furent en effet fabriquées en série, et il est donc difficile d’en retracer l’origine, si ce n’est par certains éléments de la facture comme la forme du moule, la couleur des fonds, les sujets représentés, etc. Pourtant, même dans ce cas, chaque pièce, de par sa complexité, exige d’être fabriquée et décorée à la main par des ouvriers et des ouvrières habiles (certaines manufactures employaient jusqu’à 30 d’entre eux), ce qui en assure sa qualité et sa singularité artisanales.

Une concurrence parfois farouche oppose les potiers traditionnels aux artistes importés et favorise l’émulation entre les créateurs et l’émergence d’une production riche et originale qui se tarira au début des années 70, lorsque la crise aidant, et les habitudes et goûts domestiques connaissant de profondes mutations la demande se fera plus rare (émergence de nouveaux designs plus épurés et plus froids, baisse du pouvoir d’achat et adoption par le public des objets issus de la production de masse, sur le modèle des Etats-Unis, etc.).
Les Vallauris aujourd’hui font la joie et l’émerveillement des collectionneurs, et témoignent de l’époque optimiste et de grande consommation des 30 glorieuses (1945-1974) dont les élans enthousiastes, parfois non sans excès, rayonnent jusqu’à nous.

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